Road Trip dans le Northern Cape - Jour 4 : Kakamas, Upington et route vers le Kgalagadi
- Julie

- 9 août
- 6 min de lecture
Aujourd'hui, grosse journée en perspective : dernier long tronçon de route avant d'atteindre le mythique Parc Transfrontalier du Kgalagadi, l'une des réserves naturelles les plus fascinantes d'Afrique australe. Ce territoire sauvage s'étend à cheval sur la Namibie (Kalahari), l'Afrique du Sud (Kgalagadi) et le Botswana (Magalagadi).
Une pause gourmande à Kakamas
Avant tout, il fallait prendre des forces. Premier arrêt de la journée : Die Mas van Kakamas, un domaine viticole local absolument charmant.
Depuis notre passage à Augrabies, nous étions intrigués par les ÉNORMES plantations de raisins qui bordent la route. J'étais restée, à tort, dans l'idée que seule notre province du Western Cape produisait ce fruit précieux. Nous avions donc très envie d'en apprendre davantage.
Si vous passez par Kakamas, arrêtez-vous chez Die Mas les yeux fermés. Vous y trouverez un restaurant avec une superbe terrasse, une petite ferme animalière qui ravira les enfants (nous étions légèrement dépités de constater que notre fils semblait plus passionné par les cochons que par les springboks... #VisMaVieEnAfrique) ainsi qu'un joli sentier suspendu qui serpente à travers les vignobles.
Le domaine produit du vin, du brandy et du gin. Son propriétaire était particulièrement sympathique et j'ai découvert avec beaucoup d'intérêt que le Northern Cape est l'un des plus importants producteurs de raisins de table et de raisins secs au monde. Grâce à l'irrigation apportée par l'Orange River, les agriculteurs locaux ont réussi à transformer ces terres semi-désertiques en véritable empire du raisin. Encore une illustration impressionnante de la capacité des hommes à s'adapter à leur environnement.
Nous avons évidemment acheté quelques bouteilles pour ramener un souvenir liquide à la maison. Nous vous en donnerons des nouvelles...
Upington : dernier arrêt avant le grand vide
Après deux heures de route, nous arrivons à Upington, dernière escale dans la civilisation avant notre entrée dans le Kgalagadi.
Nous nous sommes arrêtés au Kalahari Mall, LE centre commercial de la ville, et avons littéralement versé une larme de bonheur à la vue d'un Woolworths (l'équivalent sud-africain de Monoprix).
À cet instant précis, nous savions que nous étions sauvés. Nous allions pouvoir manger normalement pendant plusieurs jours.
Nous nous sommes lâchés.
Alice et sa bande découvrant le Pays des Merveilles n'étaient rien à côté de nous.
Mes conseils pour faire les courses avant le Kgalagadi
Si vous préparez un safari au Kgalagadi, équipez-vous de TOUT avant de partir.
Le seul camp disposant d'une supérette (assez chère et honnêtement peu enthousiasmante) ainsi que d'un restaurant (même constat...) est Twee Rivieren, le camp principal à l'entrée du parc.
Ensuite ?
Plus rien.
Et lorsque vous choisissez l'option que je trouve la plus chouette, à savoir dormir dans plusieurs camps différents, certains d'entre eux se trouvent à plus d'une journée de piste de Twee Rivieren.
Au Kalahari Mall, vous trouverez :
Trois supermarchés : Checkers, Woolworths et Spar
Cape Union Mart pour tout l'équipement de camping et d'outdoor
Deux pharmacies : Clicks et Dis-Chem
Quelques fast-foods pour découvrir le "fine dining" local : burgers, pizzas, frites et viande nappée de sauce barbecue...
Personnellement, je préfère les sacs isothermes vendus dans les supermarchés aux grosses glacières rigides. Ils gardent très bien le froid et surtout, ils se replient lorsqu'ils sont vides au lieu d'occuper inutilement la moitié du coffre.
Bref : on remplit le chariot, on fait le plein d'essence (la prochaine station-service est à environ 2h30 de route, à Twee Rivieren) et c'est parti pour l'une des plus belles réserves naturelles d'Afrique du Sud.
Attention aux horaires du parc !
Petit conseil très important : renseignez-vous soigneusement sur les horaires de fermeture du parc.
Et attention, il ne suffit pas de regarder l'heure de fermeture de la porte d'entrée. Il faut également tenir compte du temps nécessaire pour rejoindre votre camp.
Si la gate ferme à 17h30 mais qu'il vous reste encore deux heures de route pour rejoindre votre hébergement, vous devez être à l'entrée au plus tard à 15h30.
Personnellement, j'ajouterais même une heure de marge supplémentaire. Donc plutôt 14h30.
Dans les parcs nationaux sud-africains, les règles sont extrêmement strictes. Si vous arrivez en retard, inutile de négocier, de pleurer ou de tenter un numéro de charme : vous ne rentrerez pas.
Et franchement, c'est logique.
La nuit, les prédateurs deviennent actifs. Si vous veniez à tomber en panne au milieu de nulle part après le coucher du soleil, la situation pourrait rapidement devenir compliquée.
Le timing est donc votre meilleur ami.
Pourquoi dormir dans plusieurs camps ?
Pour profiter pleinement du Kgalagadi, je vous recommande vivement de séjourner dans plusieurs camps.
Vous observerez davantage d'animaux et découvrirez des paysages beaucoup plus variés que si vous reveniez systématiquement au même endroit chaque soir.
L'idéal est de commencer par Twee Rivieren, puis de construire une boucle en fonction du nombre de nuits dont vous disposez.
Bienvenue au Kgalagadi !
Après avoir traversé une véritable mer de dunes pendant près de 2h30, nous arrivons enfin à l'entrée sud-africaine du parc.
C'est ici que vous devez vous enregistrer, récupérer les clés de votre chalet et régler les frais de conservation, autrement dit votre droit d'entrée.
Le lieu est fascinant.
À gauche : la réception et les services d'immigration sud-africains.
À droite : les bureaux de l'immigration botswanaise.
Si vous empruntez la mauvaise porte en sortant du bâtiment, vous changez littéralement de pays.
Mon fils n'en revient toujours pas d'avoir été faire pipi au Botswana.
Quand tu comprends que tu es un touriste amateur...
Sur le parking, gros fou rire avec mon mari.
Nous pensions être bien équipés.
Nous étions en réalité des amateurs absolus.
Partout autour de nous : d'immenses pick-ups et 4x4 préparés pour des expéditions en autonomie complète.
Et je ne parle pas de campeurs du dimanche partis tester leur nouveau matériel avec les étiquettes encore accrochées à l'anti-moustique.
Non.
Eux, ce sont les vrais.
Ceux qui ont tout appris à MacGyver.
Leur équipement porte les cicatrices de dizaines d'années passées dans le désert, entre tempêtes de sable, nuits glaciales et hyènes curieuses venues inspecter leur campement.
Pendant ce temps-là, nous traînions nos valises à roulettes jusqu'à notre chalet.
Les mêmes qui auraient été parfaitement adaptées à une semaine au Club Med.
Le fameux "Tracking Board"
Après avoir posé nos affaires, acheté notre traditionnel magnet et craqué pour un sweat-shirt souvenir (quitte à être des touristes, autant l'assumer pleinement), nous découvrons l'un des éléments les plus emblématiques du parc : le Tracking Board.
Tous les visiteurs y indiquent les observations réalisées durant la journée afin d'aider les autres voyageurs à localiser les animaux.
Lions.
Léopards.
Hyènes brunes.
Hyènes tachetées.
Chacals.
Suricates.
Girafes.
Autant de promesses qui rendent l'attente du lendemain presque insupportable.
Petit détail qui me ravit personnellement : au Kgalagadi, il n'y a ni éléphants, ni hippopotames, ni buffles, ni rhinocéros.
Je sais que cela peut sembler étrange mais lorsque nous circulons en voiture dans les réserves, ce sont souvent les grands herbivores qui m'inquiètent le plus. Ils sont incroyablement puissants et parfois bien plus imprévisibles que les prédateurs.
Déconnexion totale garantie
Autre point important à connaître avant votre voyage au Kgalagadi : il n'y a pratiquement aucun réseau.
Pas d'internet.
Pas de téléphone.
Pas même une petite barre de signal.
Rien.
Nada.
À Twee Rivieren, vous pouvez acheter un voucher Wi-Fi de 500 MB mais, honnêtement, la connexion fonctionne quand elle en a envie et votre forfait disparaît généralement dès l'ouverture de deux ou trois e-mails.
Pensez donc à programmer un message d'absence avant votre départ.
Mais surtout...
Vos enfants n'ont pas non plus de réseau.
Et ça, avouez que c'est plutôt une excellente nouvelle.
Nous avons ressorti les jeux de société, regardé un film téléchargé sur l'iPad et passé la soirée tous entassés sous d'énormes couvertures comme une famille de bushbabies.
Une nuit sous la Voie lactée
Après le dîner préparé dans notre minuscule cuisine, ces fameux chalets SANParks qui ressemblent beaucoup aux logements que nous louions lorsque nous étions étudiants au ski, simples mais propres et idéalement situés, nous avons enfilé toutes les couches de vêtements possibles avant de sortir dans la nuit.
Et là...
Le spectacle.
Dans le Kgalagadi, l'absence totale de pollution lumineuse permet d'admirer la Voie lactée dans toute sa splendeur.
Des milliers d'étoiles couvrent le ciel.
Le nuage de poussières caractéristique de notre galaxie est parfaitement visible.
C'est fascinant.
Hypnotisant.
On se sent infiniment petit devant une telle immensité.
Même les enfants sont restés silencieux.
Ce qui, pour les parents, est probablement le signe ultime que quelque chose d'exceptionnel se produit.
Nous avons finalement dû rentrer, transis de froid.
Cette nuit-là, le thermomètre devait descendre jusqu'à -3°C.
Bienvenue dans le désert du Kalahari.





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